carrières et carriers de grès du massif de Fontainebleau et alentours

Bien connus des amateurs de randonnée mais surtout d’escalade, les grès de Fontainebleau eurent longtemps une vocation tout autre : durant des siècles, ils ont été débités afin de servir à la construction, celle du palais et des maisons anciennes mais aussi pour le pavage des rue de la capitale grâce à la Seine qui en facilitait le transport. Aujourd’hui silencieuses, les multiples carrières ont laissé bien des traces qui font aujourd'hui partie du patrimoine. Ce blog propose de populariser toutes les initiatives qui visent à valoriser ou mieux faire connaître ce patrimoine auprès du grand public

Apport de l’étude des anciennes carrières de grès à l’archéologie des gravures rupestres du Massif de Fontainebleau.

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Panneau gravé tronqué par un débitage, comme en témoigne la présence d’une mortaise d’exploitation. Massif de Fontainebleau. Photo P. Dubreucq 2019.

Les grès de Fontainebleau ont été le support pour des milliers de gravures et plus rarement pour des peintures à la fin du Paléolithique. Les recherches effectuées par les premiers préhistoriens dans la seconde moitié du XIXème siècle et surtout les prospections systématiques des membres de l’association Gersar depuis 1975 ont permis de recenser plus de 2000 abris gravés entre Nemours et Rambouillet. Pour servir de matériaux de construction ou pour paver les rues, ces mêmes grès ont été exploités à partir du Moyen Âge et durant plusieurs siècles en bordure des platières et dans les chaos rocheux, là où se trouvent les abris gravés. Autour de Fontainebleau, l’extraction a pris beaucoup d’ampleur à cause de la Seine qui facilitait le transport des grès jusqu’à Paris. Résultat : il est plus que probable qu’une quantité significative de ces abris ornés ont été débités par les carriers et sont donc irrémédiablement perdus. Plusieurs anciens fronts de taille montrent d’ailleurs des abris recoupés par l’exploitation et dans le fond desquels subsistent des gravures, comme celui présenté ici.  

Les abris et les gravures qui subsistent (sillons, quadrillages, cupules…, plus rarement des représentations animalières) font aujourd’hui l’objet d’une étude dans le cadre d’un Programme Collectif de Recherche, Art Rupestre préhistorique dans les chaos gréseux du Bassin parisien (ARBap) Étude, archivage et valorisation, dirigé par Boris Valentin de l’Université Paris I – Sorbonne. L’un des objectifs du programme et de considérer la répartition spatiale des abris pour éventuellement en tirer des arguments sur la distribution des populations à cette époque, les lieux fréquentés, etc. Pour éviter des biais dans l’analyse de la répartition des abris il est important d’essayer d’estimer le nombre d’abris qui ont pu être détruits dans un secteur exploité. Il convient de savoir si la rareté des abris gravés dans un secteur est due à leur absence originelle ou résulte de leur destruction. Voici pourquoi la reconnaissance et l’inventaire des anciennes carrières du Massif de Fontainebleau et plus largement dans tous les chaos gréseux du Sud du Bassin de Paris est importante pour les archéologues.

Pour en savoir plus sur les abris ornés d’Île-de-France consultez le site du Ministère de la Culture. Patrick Dubreucq

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