carrières et carriers de grès du massif de Fontainebleau et alentours

Bien connus des amateurs de randonnée mais surtout d’escalade, les grès de Fontainebleau eurent longtemps une vocation tout autre : durant des siècles, ils ont été débités afin de servir à la construction, celle du palais et des maisons anciennes mais aussi pour le pavage des rue de la capitale grâce à la Seine qui en facilitait le transport. Aujourd’hui silencieuses, les multiples carrières ont laissé bien des traces qui font aujourd'hui partie du patrimoine. Ce blog propose de populariser toutes les initiatives qui visent à valoriser ou mieux faire connaître ce patrimoine auprès du grand public


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À propos des outils utilisés par les carriers de grès du massif de Fontainebleau au milieu du XIXème siècle

L'Illustration, journal unvisersel, 17 octobre 1846, médiathèque de Fontainebleau, cliché P. Dubreucq, 2017.Automne 1846, un envoyé du magazine l’Illustration, journal universel, se rend à Fontainebleau pour un reportage sur un métier largement méconnu. On ignore dans quelle auberge il séjourne mais on nous apprend qu’il loue les services du  « voiturier Bernard». Ce carrossier-sellier est installé  au cœur de la ville, 15 rue de France. Ses cochers ont la réputation de bien connaître la forêt (1). Le journaliste vante la commodité des voitures qui le conduisent en forêt de Fontainebleau, « au milieu d’un charmant paysage »  à la rencontre des ouvriers  qui travaillent, au sud de la ville, au Rocher Fourceau.  A  l’issue de son séjour, le 17 octobre 1846, un article intitulé « les carrières de grès à paver » est publié.  Trois gravures remarquables l’illustrent.  L’une présente une vue d’ensemble d’une « grésière au rocher Fourceau », une autre « l’embarquement des pavés au port de Valvins » et la troisième, qui nous intéresse aujourd’hui, : « un ouvrier grésier avec ses divers outils ». Il s’agit de la représentation la plus ancienne, connue à ce jour, d’un carrier de grès dans le massif de Fontainebleau. L’auteur de la gravure a apposé ses initiales P.B.  Nos recherches n’ont pas permis de retrouver son identité. Je remercie par avance le lecteur qui pourra combler cette lacune.

On découvre, sur cette illustration, le portrait en pied d’un carrier à l’heure du déjeuner. Assis sur un bloc de grès fraichement débité, jambe gauche tendue, l’autre repliée, le pied sur un pavé, une gamelle ou une tranche de pain dans une main, un couteau dans l’autre, il se restaure. Partis tôt le matin, les carriers, qui habitent en ville ou dans les villages en lisière de la forêt, ne rentrent chez eux qu’à la tombée du jour. Ils sont tenus de déjeuner sur place. L’heure du casse-croûte est un moment précieux de repos et de conversation pour les quatre ou cinq ouvriers qui travaillent ensemble dans une carrière. On dit aussi une batterie.  L’homme porte une casquette qui protège du froid ou du soleil. Chemise et pantalon sont amples pour ne pas gêner les mouvements. Il est chaussé de sabots. Selon Lucien Estrade (2) : « autrefois, les carriers avaient des sabots spéciaux faits dans du pied de bouleau, la semelle était épaisse et servait d’étançon pour le levier libérant ainsi les bras » dans des opérations de versement des blocs. Le visage n’est pas celui d’un adolescent ni d’un carrier épuisé par toute une vie de labeur. Le regard semble déterminé. La musculature des avant-bras témoigne que l’homme est en pleine force de l’âge. Le gilet et le col de chemise ne manquent pas d’élégance. Sans doute, s’agit-il d’un maître carrier, d’un chef de batterie. On dit aussi chef d’atelier. Selon Domet (3) : « il paie d’ordinaire ses ouvriers à la journée et s’entend directement avec l’entrepreneur à ses risques et périls pour le prix du pavé ».

Le maître-carrier est propriétaire des outils de sa batterie. Il faut compter 300 francs pour une batterie d’outils (4) alors que le gain quotidien d’un carrier tourne autour de 4 à 5 francs.  Les outils, disposés au pied du carrier ou alignés contre le front de taille, sont bien mis en évidence.  J’aimerais vous entretenir de leur fonction. Il y a d’abord la pelle à sable et la bêche, deux outils nécessaires au terrassement. C’est la première tâche dans une carrière : prélever les terres qui recouvrent le banc de grès et dégager le front de taille jusqu’à sa base. On pourra dès lors procéder à l’opération d’abattage, puis au dédoublage et enfin à la taille finale des pavés. Derrière la bêche, on remarque de longues tiges de fer. Le dessin n’est pas assez précis pour déterminer si ce sont des leviers ou des burins. Le levier  – ou pince –  sert à déplacer les gros blocs, à les écarter ou les retourner selon les besoins. S’il s’agit d’un burin, il sert à creuser les trous de mine afin de fendre la dalle de grès à l’aide d’un explosif. Cette opération qui se répand dans la seconde partie du XIXème siècle porte le nom de burinage ( voir publication du 24 novembre 2020). Cependant la méthode la plus courante pour procéder à l’abattage est décrite dès 1774 dans un mémoire de François de Lassonne (5), médecin du roi Louis XVI et de Marie-Antoinette. Elle consiste à creuser sur le sommet de la dalle de grès des encoches, sortes de « rigoles » ou de « gouttières », appelées mortaises. Ces mortaises ou boîtes à coin sont façonnées  à l’aide d’un marteau pointu – visible à proximité du pied gauche – . Une fois la mortaise creusée, on y insère des coins – devant le marteau pointu – qui seront frappés à grands coup d’une masse  – à la gauche du personnage – . Chaque coup imprime et transmet une secousse profonde et comme l’effort du coin est à la fois vertical et latéral, le bloc finit par se fendre et la dalle se détache.  Contrairement au marteau pointu dont le manche est court, le manche de la masse est « long et flexible, souvent en noisetier, pour éviter de broyer les poignets du carrier ».(6)

Une fois la dalle abattue, on réitère l’exercice pour obtenir des blocs plus petits. C’est l’opération de dédoublage. Plus petits, les blocs seront ensuite divisés à l’aide d’un outil – entre les pieds du carrier -qui a la forme « de deux coins réunis par la base »  : le couperet .  Le gros couperet sert à percuter une ligne de coupe et à lancer des fentes dans un bloc que l’on souhaite diviser.  François de Lassonne  décrit l’opération de dédoublage au couperet assez précisément : « on équarrit autant qu’il est possible la grande dalle et on la partage ensuite en plusieurs parallélépipèdes que l’on divise en dernier lieu en cubes à peu près égaux, qui ont les dimensions requises pour être employées en pavés : ces partages et ces divisions exigent moins de peine (que l’abattage) , on en vient à bout assez facilement avec la double cognée seule (le couperet). On trace avec la partie tranchante de l’instrument et à petits coup répétés sur trois faces du parallélépipède la ligne ou empreinte qui détermine la cassure que l’on veut faire et pour l’effectuer on frappe ensuite à plus grand coups avec le tranchant de la même cognée de fer ; le morceau ne tarde pas à se séparer en suivant exactement dans l’épaisseur et la profondeur la ligne auparavant tracée extérieurement. C’est en quoi consiste tout le travail de cette seconde opération »

Les couperets dont l’usage faiblit au XXème siècle semblent très utilisés au XIXème siècle.  Leur taille varie en fonction des besoins. Le petit couperet sert dans les opérations de la taille du pavé.  L’utilisation du ciseau-massette pour la taille finale des pavés remonte seulement au début du XXème siècle.

Dans son article, le journaliste souligne à quel point le métier de carrier de grès exige du savoir-faire et de l’expérience. Il rend hommage à leur profession dans des termes qui nous serviront de conclusion. : « On ne sait pas assez combien de peines et de travaux il faut pour arracher à la carrière, amener à Paris et placer sous les roues des voitures ce grès que broie notre circulation dévorante (…) Le travail de l’ouvrier tailleur de grès exige peut-être plus d’adresse, de coup d’œil et de pratique, que celui du tailleur de pierre calcaire. Il faut une connaissance approfondie de la nature même du grès, pierre réfractaire à l’outil, d’une dureté extrême, et cependant qui se fend, qui éclate, qui se brise au moment où l’on s’y attend le moins, sous un coup maladroit. Aussi la profession de tailleur de grès se transmet-elle de père en fils et les enfants croissent dans la carrière même ». Patrick Dubreucq.

 (1) Denecourt C.F., guide du promeneur et de l’artiste à Fontainebleau, itinéraire du Palais et de la Forêt , 7 ème édition, Paris, 1851.

(2) Estrade Lucien,  les carrières de grès entre Fontainebleau et Etampes, 1990, 36 pages, Archives départementales de Seine-et-Marne cote 4 AZ 5

(3) Domet Paul, Histoire de la forêt de Fontainebleau, Hachette 1873, 404 pages, réédition Laffitte, Marseille, 1979.

(4) Lassone (de) Jean-Marie-François, Mémoire sur les grès en général et en particulier sur ceux de Fontainebleau. Histoire de l’Académie des Sciences pour l’année 1774, avec les mémoires de Mathématiques et de Physique pp 31-32 et pp 209-236. 1778, Imprimerie royale, Paris. Disponible sur gallica.bnf.fr.

(5) acte de vente de 1847 trouvé dans les Archives municipales de Chamarande, 91730, par Jean-Pierre Melaye.

(6) témoignage enregistré recueilli auprès de Robert Diot en janvier 1987 lors d’une visite dans les anciennes carrières du Coquibus.


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À propos de l’emploi des femmes dans les carrières de grès des environs de Paris et dans le massif de Fontainebleau au XIXème siècle.

Comme le montrent ces deux  gravures de A. Lançon extraites du numéro 1415 de la revue l’Illustration, journal universel, du 9 avril 1870, les femmes ne sont pas exclues du travail dans les carrières de grès des environs de Paris au XIXème siècle. Un article intitulé « Les pavés de Paris »  accompagne les images d’une carrière probablement située « dans la vallée de l’Yvette, aux alentours  de Chevreuse ou  d’Orsay ». Son auteur, Camille Personnat, précise : « les pavés sont transportés à dos de femmes et d’enfants (…) Pour charger, ils placent leur crochet sur un chevalet, en lui donnant une position telle qu’une ficelle, attachée à une petite pierre, suffit pour le maintenir en équilibre jusqu’à charge complète. Le transport n’est pas sans quelque danger ; car les porteurs sont quelquefois obligés de passer dans des sentiers escarpés et sur des planches à peine assujetties de chaque côté d’une large tranchée (…) Les malheureuses qui s’y engagent, chargées d’un lourd fardeau risquent souvent d’être précipitées. Il y faut un pied solide et exercé ». On s’interroge sur le poids de ce  «lourd fardeau ». Le journaliste n’en dit rien et nous sommes amenés à l’imaginer. Sachant que la densité du grès est d’environ 2,3, un rapide calcul peut nous donner une indication. Un pavé cubique de 11,5 cm de côté, qui correspond à un demi-pavé d’échantillon en tous sens, pèse environ 3,5 kg. Un pavé cubique de 15 cm de côté qui correspond mieux à la réalité du dessin (entre le bas des reins et le haut de la nuque, on peut mesurer au minimum 60 cm chez un adulte) pèse 7,8 kg environ. Si on multiplie par quatre comme le montre la gravure, on se fait une idée de la dureté de la tâche… sans parler du pavé d’échantillon, répandu à certaines périodes, un cube de « 23 cm en tous sens » (1) qui pèse 28 kg. 

 Dans le massif de Fontainebleau, des femmes, sans être très nombreuses, travaillaient également dans les carrières de grès.  C’est ce que nous rapporte Victor de Maud’huy  dans un ouvrage consacré aux « Carriers de Fontainebleau» publié en 1846 (2) :  « Le sexe féminin n’est pas entièrement refusé à cette rude profession ; une femme de la ville, morte de vieillesse il y a une douzaine d’année, a fait état de travailler avec son mari aux carrières du Mont-Saint-Germain. Elle lui faisait les mortaises (3)  dans les masses (…) Elle avait reçu le surnom de la Grande-Sirène, et était à tous égards estimée de tous (…) Une autre en avait pris l’habitude, en accompagnant son mari aux carrières pour mettre obstacle à son penchant à l’inconduite; une troisième présentement mariée, s’adonnait au charroi et par suite à la charge de placer les pavés sur sa voiture ; cette dernière opération étant pénible, souvent les carriers y aidaient. Les femmes de cette classe ouvrière sont laborieuses ».

A la fin du siècle, des femmes sont toujours présentes dans les carrières. Un article de l’Abeille de Fontainebleau du 27 janvier 1899 précise : «  le nombre de carriers travaillant en forêt va chaque année en diminuant (…) L’année 1898 donne le chiffre de 60 carriers, un jeune de moins de 18 ans et 4 femmes soit au total 65 ouvriers qui ont taillé durant les 12 mois écoulés 168236 pavés et tirés 4646 m3 de pierre calcaire, sable, pierre siliceuse ou grève. » L’article donne une répartition des carriers par commune et par sexe et permet de savoir que 2 femmes habitent Fontainebleau, l’une Milly-la-Forêt et la dernière le hameau des Sablons. Les recherches entreprises n’ont pas permis, jusqu’à présent, de connaître leur identité. Patrick Dubreucq

(1) Cahier des charges de l’entreprise des travaux d’entretien du pavé de Paris de 1835 à 1838, article 7. Bibliothèque historique de la ville de Paris.

(2) Disponible à la Médiathèque de Fontainebleau, service du Patrimoine.

(3) Voir publication du 15 juin 2020


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Décembre 2020 : les calcites de Fontainebleau sont à l’honneur du dernier numéro de la revue « Le Règne Minéral ».

Le Règne Minéral, revue à l’attention des amateurs et collectionneurs de minéraux, consacre une partie de son n° 156 aux Calcites de Fontainebleau. L’article réexamine le contexte historique et géologique de ces calcites à esthétique si particulière. Il est montré comment au 18ème siècle, les collections françaises ont fourni de nombreux échantillons qui sont à l’origine de la description et de la définition des espèces minérales. Est aussi donné un historique de la découverte, la perte et la redécouverte de l’exceptionnelle Grotte aux Cristaux. Fontainebleau est une sorte de « localité type » pour ces cristaux de calcite avec grains de sable inclus. L’un des auteurs, le géologue Médard Thiry, a bien voulu répondre à quelques questions.

A-t-on une idée de l’âge de ces calcites ? Ces calcites sont d’âge Quaternaire et liées aux périodes glaciaires. Elles ont moins de 1 Ma (million d’années) et de nombreuses ont été datées entre 30 000 et 20 000 ans, c’est-à-dire de la dernière glaciation. Elles sont sans rapport avec l’âge du dépôt des Sables de Fontainebleau qui les contiennent (30 Ma). Leurs alignements au sein des sables suggèrent une précipitation à partir d’anciennes nappes phréatiques. Elles sont des archives de l’interaction entre les eaux météoriques de surface et les eaux profondes de la nappe. Ces anciens niveaux de nappe permettront à l’avenir de reconstruire les anciens paysages bellifontains et leur incision par les vallées. 

Où les rencontre-t-on ? Les calcites se rencontrent presque toujours dans les sables. Mais il en existe aussi incluses dans les dalles de grès. Ces dernières sont précieuses. Étant contenues dans le grès, elles se sont formées dans le sable avant sa cimentation en grès. Elles sont donc plus anciennes que le grès qui les contient. Leur datation permet ainsi de fixer l’âge maximum que peut avoir le grès. C’est le seul élément dont on dispose actuellement pour la datation directe des grès. 

On parle de trous de calcite, de quoi s’agit-il? Les calcites sableuses sont sensibles à l’altération. Exposée aux intempéries la calcite est lentement dissoute, et ne restent en place que les grains de sable qu’elle contenait. C’est l’origine des nombreux trous de taille centimétrique à décimétrique que présentent souvent les grès à l’affleurement. De très beaux exemples sont visibles aux Rochers et Platières de la Gorge du Houx, à proximité du « village des carriers », Rte Jean, Parcelle 116. Les trous s’y alignent en plusieurs niveaux superposés qui correspondent à des niveaux successifs de la nappe qui a provoqué la précipitation de ces nodules de calcite. 

Peut-on observer de la calcite en place dans le grès? La calcite en place dans les grès est très difficile à voir. Ce n’est qu’une observation attentive à la loupe et un test à l’acide qui permet de la détecter. Mais les carrières de grès offrent de voir les trous de dissolution des calcites qui présentent des moulages de cristaux qui ont été dissouts. Quelques exemples sont visibles sur les anciens fronts de taille autour de la Platière de la Gorge du Houx. Et pour cela, les carrières sont tout aussi précieuses que les calcites, sans front de taille, pas de calcite incluse à prélever pour datation. Un truc … chut … il n’y a jamais d’araignée sur les grès strictement siliceux, elles ne sont que sur les grès qui contiennent de la calcite … merci madame l’araignée !

Platière de la Gorge au Houx, Rte Jean (P 116). Sur le front de taille d’une ancienne carrière. Alignement de trous correspondant à des groupements de calcite sableuses dissoutes. Les trous sont presque systématiquement occupés par des araignées dont la présence indique qu’il reste encore des résidus de calcite dispersés dans le grès. Photo Thiry, 2016.

Références

Thiry, M., De Ascenção Guedes, R., Chiappero, P.-J., Martaud, A., 2020, Les calcites de Fontainebleau, Seine-et-Marne, et autres calcites sableuses revisitées …, Le Règne Minéral, 156, p. 7-37.

Bailly, S., 2020, À la découverte des calcites de Bonnevault, Larchant, Seine-et-Marne, Le Règne Minéral, 156, p. 38-40.

Outre de nombreuse figures les articles présentent plus de 10 planches d’échantillons exceptionnels. Commande possible auprès de la revue Le Règne Minéral, 14€ frais d’envoi inclus


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À propos de la disposition des grès dans le paysage du massif de Fontainebleau et du type de carrière rencontré : carrières d’éboulis et carrières de banc

Dans le massif de Fontainebleau, le grès se présente principalement sous deux formes : des chaos rocheux et des platières. Le grès des platières couronne de grands alignements parallèles, grossièrement est-ouest, qui dominent d’environ 50 m des dépressions sableuses (vallées). Ces alignements gréseux s’étirent souvent sur plusieurs kilomètres et se répètent à peu près tous les kilomètres. Ils sont très distincts et impriment leur rythme au paysage et au randonneur. Selon le géologue Médard Thiry, « ces rides correspondent à d’anciennes dunes littorales formées par le vent en arrière des plages. Une nouvelle dune se formait au rythme du retrait de la mer stampienne du Bassin de Paris vers la Mer du Nord. Ce n’est que récemment, pendant les périodes glaciaires, que se sont formés les grès, au fur et à mesure que la couverture calcaire et les sables étaient entaillés par l’érosion. Puis l’érosion a entaillé les sables non cimentés des vallées et mis les platières gréseuses en relief. Dans le même temps, l’érosion de la dalle gréseuse des platières sur ses bordures a conduit à sa fracturation, l’éboulement des blocs libérés et leur altération sur les pentes. C’est ainsi que ce sont formé les chaos rocheux qui ourlent les platières. »

Dans les chaos rocheux, on trouve des carrières d’éboulis et sur le bord des platières on trouve des carrières dites de banc car on exploite le banc de roche c’est à dire la dalle de grès de la platière.

Les carrières d’éboulis ont exploité les blocs éboulés des chaos. Ce sont les grès les plus accessibles en venant des vallées et pour cette raison sont certainement les plus anciennes et à usage local. C’est une exploitation économique, qui nécessite peu de travaux préalables car on y exploite des blocs apparents ou semi-enterrés. Pour des raisons pratiques, ce sont souvent les chaos rocheux les plus proches des lieux habités qui ont été les plus exploités. Cependant, à cause de son exposition aux intempéries, le grès des éboulis n’est pas toujours de la meilleure qualité et les entrepreneurs des travaux publics, notamment ceux du pavé de Paris, préféraient le grès des carrières de banc.  A l’observation, pour identifier les anciennes carrières d’éboulis, il faut rechercher les écales c’est-à-dire les déchets de grès qui accompagnent l’exploitation comme on peut le voir sur l’image ci-dessous

Carrière d’éboulis, secteur oriental du Long Boyau. Photo P. Dubreucq 2017

Dans les carrières de banc, le grès se présente sous la forme de dalles horizontales ou bancs ininterrompus de plusieurs dizaines de mètres de longueur et de largeur dont l’épaisseur peut atteindre plusieurs mètres et recouverts, le plus souvent, d’une couche de calcaire. Les carrières de banc fournissent souvent un grès plus dur et de meilleure qualité que les carrières d’éboulis car il a été protégé des intempéries et des altérations par la couche calcaire qui le surmonte. C’est un grès bon pour le pavé mais son exploitation demande plus de main d’œuvre que l’exploitation des éboulis. En effet, ce n’est qu’une fois la base et le sommet du banc dégagé́ de la terre et de la végétation qui l’encombrent, que l’attaque de la roche de grès peut commencer.  Sur la photo ci-dessous, au premier plan en haut à gauche, on peut constater que des  terrassiers  ont commencé à dégager le sommet du banc des terres de couverture sur au moins deux mètres d’épaisseur. Suivant la qualité de la roche et la force de l’érosion, la paroi du front de taille peut présenter un aspect particulièrement lisse et régulier comme ici ou au contraire fracturé, cisaillé en pile d’assiette comme on peut le voir dans d’autres carrières du massif de Fontainebleau, au Mont Ussy par exemple. A la base du front de taille on distingue une sorte de terrasse appelée forme . C’est sur cet espace dégagé et aplani que les carriers dédoublaient le grès, façonnaient et stockaient les pavés avant leur évacuation. Sur la gauche de la photo, on aperçoit les déblais de carrières composés des grès trop tendres et mal taillés qu’on nomme  écales  qui s’accumulent, avec les terres de couverture, derrière le front de taille au fur et à mesure que le carrier avance. En longeant un front de taille, on peut constater que les monticules de déblais sont interrompus à intervalle régulier, tous les vingt à trente mètres, par des chemins étroits de vidanges qui permettaient d’évacuer les grès taillés. Nous reviendrons sur ce sujet dans un prochain billet. Patrick Dubreucq.

Carrière de banc, secteur occidental du Long Boyau. Photo P. Dubreucq, 2016.


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Décembre 2020 : le grès et l’art rupestre sont à l’honneur dans le dernier numéro de la Voix de la forêt , revue annuelle éditée par les Amis de la Forêt de Fontainebleau

Le  numéro 83 de la revue annuelle des Amis  de la Forêt de Fontainebleau (AFF)  paru récemment et diffusé auprès des adhérents de l’association,  consacre deux articles aux anciennes carrières de grès. Le premier,  signé  Alain Callewaert, Jean-Pierre Melaye et Jean Pillot, évoque « les dix ans de la Commission Carrières et Carriers » des AFF qui travaille en collaboration étroite avec l’ONF « pour  la mise en place de mesures conservatoires » relatives aux anciennes carrières. Les membres de cette commission accomplissent un travail important de relevés sur le terrain.  On apprend, par exemple, que pas moins de 242 abris de carriers ont été recensés dans le massif de Fontainebleau grâce aux prospections systématiques menées durant cette décennie.  

Le second article, signé Patrick Dubreucq  rappelle dans quelles circonstances le Long Rocher est devenu au XIXème siècle une des zones les plus exploitées de la forêt par les carriers. L’auteur relate l’aventure de Frantz Zeltner  qui obtient en 1830 un bail de longue durée pour exploiter le grès sur une superficie de  66 hectares. Les espoirs et les échecs de Frantz Zeltner sont détaillés et  on peut visualiser, sur un document d’archive et une  image  Lidar, le tracé de l’ancienne ligne de chemin de fer du Long Rocher qu’il avait fait construire pour transporter les pavés jusqu’au canal du Loing à Episy.  Le tragique destin de la grotte du Croc marin, devenue aujourd’hui un simple abri en raison de sa  destruction presque totale par deux carriers en 1870 et 1871, ne pouvait manquer d’être évoqué. Cette évocation permet de faire le point des connaissances sur les deux protagonistes, Louis Victor et Georges Genty dit « La Gaillouche », témoins d’une époque où la forêt était avant tout un espace de travail. 

Vestiges du pont du chemin de fer du Long Rocher à l’intersection de la Route des Carrières et de la Route Desquinemare. Photo P. Dubreucq, 2018.

Le grès est également à l’honneur au travers d’un dossier « archéologie » consacré à l’art rupestre.  Dans un premier article intitulé « étudier, archiver et valoriser l’art rupestre préhistorique en région de Fontainebleau », Boris Valentin, professeur à l’Université Paris I, fait le point sur les nouvelles recherches et observations, engagées depuis 2017 sur les gravures paléolithiques et mésolithiques avec le soutien du service régional de l’archéologie d’Île de France. Le second article signé Laurent Valois, membre du Gersar,  fait « l’historique des recherches » archéologiques menées au Croc-Marin où des vestiges préhistoriques ont été découverts quelques années après la  destruction du site par les carriers et l’auteur révèle la mise en évidence récente, grâce au traitement informatique, d’un second cervidé sur le panneau peint repéré dès 1947. Enfin Alain Benard, ancien président du Gersar, consacre une étude à « l’abri orné des Cabannes 2 près de Busseau » signalé pour la première fois en 1975. L’ensemble du dossier est illustré de belles photos.

Croc-Marin, détail du panneau peint après traitement par M. Rey sous ©DStretch en 2016.

La revue la Voix de la Forêt est disponible au siège des Amis de la Forêt de Fontainebleau : 26 rue de la Cloche à Fontainebleau aux heures de permanence le mardi de 10h à 12h à partir de janvier 2021. En raison de l’épidémie de la Covid 19, il est préférable de téléphoner au 01 64 23 46 45 avant de se déplacer.


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À propos des traces de trous de mine dans les anciennes carrières de grès du massif de Fontainebleau

Trace de trou de mine au Rocher du Long Boyau (parcelle 121). Photo P. Dubreucq, 2012.

Le promeneur qui arpente les anciennes carrières de grès du massif  de Fontainebleau peut parfois observer de curieuses entailles verticales dans les parois des fronts de taille. Elles ont la forme d’un demi-cylindre de quelques centimètres de diamètre avec une longueur pouvant dépasser les deux mètres. Ces entailles sont des traces de trous de mine, une technique d’abattage des blocs plus récente que celle qui consiste à creuser des mortaises (voir publication du 15 juin 2020). On la rencontre surtout dans les carrières exploitées dans la seconde moitié du XIXème siècle.  Elle consiste à creuser un trou à l’aide d’une barre à mine perforante à quatre « cornes » tenue à deux mains par un carrier qui lui imprime un mouvement de rotation entre chaque percussion frappée à l’aide d’une masse par un ou deux autres carriers (1).

Dès que la perforation atteint une vingtaine de centimètres, il faut verser régulièrement de l’eau et utiliser une baguette en bois pour permettre au grès pilé de remonter.  Lorsque le trou est assez profond, 2/3 à 3/4 de la longueur du bloc que l’on veut fendre, on introduit divers éléments dont la poudre noire qui produira une déflagration capable de détacher le bloc. 

Paul Domet (1873) dans son Histoire de la forêt de Fontainebleau indique que l’on « se sert rarement de la mine qui n’opère pas avec la régularité nécessaire ». Toutefois, au Rocher du Long Boyau (parcelle 121), dans un grès de bonne qualité et peu fissuré, sur la paroi du front de taille situé sur le versant nord parallèlement à la Route du Sommet, on peut observer plus d’une dizaine  de traces de trous de mine, espacées les unes des autres de 5 à 10 m environ.

Dans un ouvrage intitulé Boutigny-sur-Essonne au temps des carrières, édité en 2003 par le comité des Fêtes du village éponyme (page 68), on trouve un schéma de P. Doussint accompagné d’une description de la manière de charger le trou de mine. On y apprend qu’une fois le trou fouillé et asséché avec des chiffons, il fallait introduire en même temps que la poudre noire une mèche (cordon Bickford) « de plusieurs mètres pour laisser le temps aux travailleurs d’aller se dissimuler » après l’allumage et combler le haut du trou « de sable humide recouvert d’un morceau de tôle chargé de pierres pour limiter la projection d’éclats de roches » lors de l’explosion.  Le schéma du chargement du trou de mine est également reproduit avec des explications détaillées dans la brochure Les grès à Fontainebleau carrières et carriers éditée en 2016 par la Commision Carrières et Carriers des Amis de la Forêt de Fontainebleau (page 20).

Des questions restent cependant sans réponse. Par exemple, je n’ai pas une idée très précise du temps nécessaire pour creuser un trou de mine de deux mètres de profondeur sans le recours à  un marteau piqueur pneumatique.  Je ne serais pas surpris d’apprendre qu’une journée de travail pour deux carriers soit insuffisante (2). Autre exemple : bien que l’utilisation de la poudre noire soit attestée en Europe dès le XVIIème siècle pour l’extraction de minerai de cuivre (1617 au Thillot dans les Vosges) et d’argent (1640 à Villefort dans les Cévennes), j’ignore à quel moment cette pratique a débuté pour l’extraction du grès dans le massif de Fontainebleau. Des autorisations étaient certainement nécessaires pour se procurer la poudre noire. Je ne désespère pas de faire des découvertes dans les archives restées muettes sur ce sujet jusqu’à présent. Merci pour toute information  nouvelle. Patrick Dubreucq.

(1) Dans un article consacré aux « pavés de Paris » publié le 9 avril 1870 dans le numéro 1415 de la revue l’Illustration, journal universel, le journaliste Camille Personnat désigne l’opération qui consiste à creuser un trou de mine sous le nom de burinage

(2) En janvier 2021, j’ai recueilli le témoignage précieux de Jean-Pierre Donelli, habitant de Larchant, qui travaillait dans les années 1960 avec son père Pierre Donelli dans une carrière de grès de la même commune au lieu-dit « les Dégoutans à Ratard ». Selon ce témoignage  » à deux, il fallait bien une journée et demie à deux jours pour creuser un trou de mine de 2,50 mètres »


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Apport de l’étude des anciennes carrières de grès à l’archéologie des gravures rupestres du Massif de Fontainebleau.

Panneau gravé tronqué par un débitage, comme en témoigne la présence d’une mortaise d’exploitation. Massif de Fontainebleau. Photo P. Dubreucq 2019.

Les grès de Fontainebleau ont été le support pour des milliers de gravures et plus rarement pour des peintures à la fin du Paléolithique. Les recherches effectuées par les premiers préhistoriens dans la seconde moitié du XIXème siècle et surtout les prospections systématiques des membres de l’association Gersar depuis 1975 ont permis de recenser plus de 2000 abris gravés entre Nemours et Rambouillet. Pour servir de matériaux de construction ou pour paver les rues, ces mêmes grès ont été exploités à partir du Moyen Âge et durant plusieurs siècles en bordure des platières et dans les chaos rocheux, là où se trouvent les abris gravés. Autour de Fontainebleau, l’extraction a pris beaucoup d’ampleur à cause de la Seine qui facilitait le transport des grès jusqu’à Paris. Résultat : il est plus que probable qu’une quantité significative de ces abris ornés ont été débités par les carriers et sont donc irrémédiablement perdus. Plusieurs anciens fronts de taille montrent d’ailleurs des abris recoupés par l’exploitation et dans le fond desquels subsistent des gravures, comme celui présenté ici.  

Les abris et les gravures qui subsistent (sillons, quadrillages, cupules…, plus rarement des représentations animalières) font aujourd’hui l’objet d’une étude dans le cadre d’un Programme Collectif de Recherche, Art Rupestre préhistorique dans les chaos gréseux du Bassin parisien (ARBap) Étude, archivage et valorisation, dirigé par Boris Valentin de l’Université Paris I – Sorbonne. L’un des objectifs du programme et de considérer la répartition spatiale des abris pour éventuellement en tirer des arguments sur la distribution des populations à cette époque, les lieux fréquentés, etc. Pour éviter des biais dans l’analyse de la répartition des abris il est important d’essayer d’estimer le nombre d’abris qui ont pu être détruits dans un secteur exploité. Il convient de savoir si la rareté des abris gravés dans un secteur est due à leur absence originelle ou résulte de leur destruction. Voici pourquoi la reconnaissance et l’inventaire des anciennes carrières du Massif de Fontainebleau et plus largement dans tous les chaos gréseux du Sud du Bassin de Paris est importante pour les archéologues.

Pour en savoir plus sur les abris ornés d’Île-de-France consultez le site du Ministère de la Culture. Patrick Dubreucq


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La répartition du « noyau dur » des carriers de grès du Massif de Fontainebleau en 1846

Cette carte a été établie à l’aide des registres de recensement de l’arrondissement de Fontainebleau (cantons de Fontainebleau, la Chapelle-la-Reine, Nemours, Moret-sur-Loing et Melun-Sud) en 1846 (1). Le « noyau dur » des carriers s’établit cette année-là à 340. 40% d’entre eux habitent les communes de Recloses et Bourron-Marlotte. Le « noyau dur » désigne les personnes qui se sont déclarées « carriers » lors du recensement. Or nous savons par d’autres sources que certains  » journaliers », « vignerons » , travaillaient aussi aux carrières. Ils ne sont donc pas comptabilisés ici. On peut cependant estimer que la population concernée par le travail dans les carrières de grès (terrassiers, journaliers, compagnons, voituriers et forgerons) approche le millier dans les périodes de forte commande. A titre de comparaison, 224 carriers sont comptabilisés en 1836 et 215 au recensement de 1856. Patrick Dubreucq.
(1) Cette carte figure en noir et blanc dans la brochure de 48 pages intitulée « Les grès à Fontainebleau. Carrières et carriers », un travail collectif réalisé à l’initiative de la Commission Carrières et Carriers et publié en 2016 par l’Association des Amis de la Forêt de Fontainebleau (AFF). Pour en savoir plus, cliquez ici


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Samedi 19 et dimanche 20 septembre 2020 : journées « portes ouvertes » à la carrière de grès de Moigny-sur-École

De Oliveira 2018 D.P.

M.de Oliveira dans sa carrière de Moigny-sur-Ecole en mai 2018. Cliché D.P.

Dans le cadre des journées du patrimoine 2020, le dernier tailleur de grès de la région parisienne ouvre les portes de sa carrière. Francisco de Oliveira, passionné par son métier, vous expliquera comment le grès «chante» et « gémit » sous le coup des marteaux, des coins et des broches…Il vous fera revivre les techniques de taille à travers les siècles. Vous assisterez  à la démonstration du débitage d’un bloc depuis  la taille d’une bordure de trottoir jusqu’à la taille d’un pavé. Vous observerez comment le forgeron façonne les outils dans son atelier… La carrière  « les grès de Fontainebleau » est  située à Moigny–sur-Ecole, route de Boutigny-sur-Essonne. Le parcours est fléché.  Dans le respect des gestes barrières (masque obligatoire) le public sera reçu le samedi 19 et dimanche 20 septembre à partir de 9h le matin et de 14 h l’après-midi. Prévoir 1h30 à 2 heures pour la visite par groupe de 10 à 20 personnes. Deux visites sont prévues par demi-journée.


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Á propos du Rocher de Samoreau, des premières exportations de grès vers Paris et de l’ancien « port du pavé » au pied du hameau de Montmélian en bordure de Seine.

Matis extrait (1742) Gallica.bnf.frGrâce aux travaux universitaires de Paul Benoît (1991) et de Léa Hermenault (2017), nous savons avec certitude que dès le XVème siècle des pavés du massif de Fontainebleau sont utilisés pour le pavage des rues de Paris.  Les grès proviennent alors possiblement  du Rocher de Samoreau, village où habitent certains marchands.  Selon Félix Herbet (1898), on y exploitait des carrières de grès en 1658, 1669 et 1687. Dans un supplément de l’Abeille de Fontainebleau (1912), on nous dit que vers 1735, « la maison, bois et rocher de Montmeillan  étaient loués à Jean Giffard et Pierre Rivoy, entrepreneurs du pavé de Paris » ce qui amène à penser que l’exploitation y battait son plein. Le plan topographique de Nicolas Matis (1742) mentionne un « port du pavé » à proximité immédiate de la propriété de « Monmelian » au bord de la Seine. Sur le cadastre napoléonien de 1814, en ligne sur le site des Archives départementales de Seine-et-Marne, le port n’est pas mentionné ; il existe cependant une parcelle de terrain appelée « la pièce du chemin du port » et une autre désignée sous le nom de « la vallée du port ». Aujourd’hui, entre le hameau de Montmélian et la partie amont de l’Île Saint Aubin qui devait abriter le port, il existe encore un chemin du port.  Merci pour toute information nouvelle. Patrick Dubreucq

BENOIT Paul – Les grès de Fontainebleau et de l’Oise : l’approvisionnement de la ville de Paris en pavés à la fin du Moyen Âge, dans Carrières et constructions en France et dans les pays limitrophes pages 275 à 289. Actes du 115ème Congrès national des Sociétés savantes, section des Sciences et section d’Histoire des sciences et des techniques (Avignon, 9-10 avril 1990), études réunies et éditées par J. Lorentz et P. Benoit, Paris, éd. du C.T.H.S., 1991.

HERMENAULT Léa – Le pavage des rues de la croisée de Paris à la fin de la période médiévale, apports de l’étude des comptes du domaine de la ville, Bulletin de la Société de l’Histoire de Paris et de l’Île-de-France, vol. 142 (2015), 2017, p. 19-37